En savoir plus sur l'outil d'Aide au choix des cultures intermédiaires
Le choix des cultures intermédiaires n'est pas toujours aisé compte tenu du nombre d'espèces pures ou d'associations disponibles et des nombreux critères qui doivent être pris en compte. L'outil « Choix des couverts » a pour objectif de vous aider à choisir les couverts qui correspondent au mieux à votre situation, à vos pratiques et à vos attentes. Il prend en compte le contexte agronomique de votre exploitation et les caractéristiques ou usages que vous recherchez pour vos couverts. Il va ensuite combiner les critères de choix adaptés à votre situation pour vous proposer une liste de couverts classés par ordre de pertinence. Selon les critères choisis, l'outil propose un choix de couverts d'interculture, de couverts permanents ou relais, ou encore de couverts associés à une culture de colza.
Pour commencer, dans cet outil, vous pouvez faire un choix entre des espèces pures, des mélanges ou les deux à la fois (les mélanges proposés sont pour la plupart des mélanges commercialisés). Différents types d'associations sont inclues : non-légumineuses associées, légumineuses associées, mélanges de non-légumineuses et légumineuses.
Pour être en phase avec la directive Nitrates, les légumineuses seules ou associées entre elles sont exclues sauf avant des céréales d'hiver ou en choisissant un couvert adapté à l'agriculture biologique dans les caractéristiques recherchées.
Toutes peuvent être mises en place mais il vous appartient de vérifier la possibilité de les implanter sur votre exploitation, en particulier les légumineuses pures ou associations de légumineuses en zone vulnérable en interculture avant les cultures de printemps.
Le code postal à saisir vous indiquera la station météo la plus proche retenue : les données météorologiques sont utilisées lors du choix des dates de semis et du calcul du risque de gel.
Le contexte agronomique de la parcelle
Deux grands paramètres sont pris en compte : l'adaptation à la date de semis, et les contraintes liées à la rotation et à la culture suivante.
La période de semis du couvert
Elle est très importante dans la réussite du couvert et le choix des espèces, selon la longueur de leur cycle, leurs exigences en chaleur et rayonnement et leur résistance au gel. Le choix de la période de semis du couvert conditionne le type de couvert :
- Semé en été après récolte voire juste avant (couvert d'interculture).
- Semé en association avec un colza (plante compagne du colza, couvert permanent)
- Semé dans une autre culture au printemps (couvert permanent, couvert relais)
| Semis en association avec un colza (août) | La « culture suivante » sélectionnée sera d'office un colza (il ne s'agit pas en réalité de la culture qui suit mais de la culture associée au couvert). Les couverts sélectionnés seront soit des espèces annuelles plus ou moins gélives, soit des espèces pérennes, soit une association des deux. Le type de sol sera pris en compte, notamment pour sélectionner les espèces pérennes. |
| Semis dans une culture au printemps (février-mai) | Ce cas de figure correspond à des espèces pérennes, semées dans une culture au printemps. Cela peut être le cas dans un tournesol ou un maïs fourrage à l'occasion d'un binage, en février-mars dans un blé ou encore dans une orge de printemps. Par précaution, nous ne préconisons ici pour cette date de semis que des espèces pérennes, assez lentes à s'installer et donc moins compétitives de la culture dans lesquelles elles sont installées. Le couvert installé au printemps pourra être soit détruit avant le semis de la culture suivante, soit maintenu vivant ou détruit dans cette dernière. Le type de sol sera pris en compte dans le choix du couvert. |
| Semis aux 5 dates de semis suivantes | Il s'agit de cas de figure plus classiques, avec des couverts d'interculture. La première date de semis, démarrant en juin et allant jusqu'en juillet ou août selon la région, peut correspondre à un semis réalisé après la moisson ou bien peu de temps avant voire pendant cette dernière (semis à la volée). |
La culture suivante
Certaines espèces de cultures intermédiaires sont mieux adaptées que d'autres à la culture suivante que vous prévoyez d'implanter. Parfois, des effets dépressifs du couvert ont été observés au champ, même s'ils ne sont pas systématiques et dépendent parfois de la date de destruction du couvert (effet dépressif sur le rendement, multiplication de maladies ou ravageurs, risque de mauvais contrôle du couvert dans la culture suivante). L'outil exclut les couverts ayant des effets négatifs potentiels et favorise ceux ayant un effet potentiellement bénéfique (réduction de certains ravageurs ou maladies, fournitures d'azote). Le sarrasin est ainsi déconseillé avant de nombreuses cultures où ses graines pourraient relever et être difficiles à détruire (c'est une renouée). Le ray-grass récolté au printemps est une très bonne culture fourragère mais montre ses limites avec des impacts sur la culture suivante (implantation, réserve en eau et azote du sol). Les légumineuses seules ou associées sont souvent mises en avant pour les restitutions d'azote qu'elles vont procurer à la culture suivante, si cette dernière appartient à une famille différente. Le constat est plus nuancé pour les couverts permanents de légumineuses (luzerne, sainfoin, lotier, trèfles blanc et violet) qui doivent impérativement être détruits avant de semer des cultures de printemps, sachant que ces couverts pérennes sont assez durs à détruire avec un travail du sol réduit. Ils sont même formellement déconseillés avant des cultures où ils seront très difficiles à réguler (protéagineux, betteraves, lin).
Les cultures de la rotation
Certains systèmes de culture peuvent favoriser le développement de ravageurs ou de maladies inféodés à la parcelle. Le choix de couverts appropriés peut limiter les infestations ou éviter de les aggraver. Cela peut être le cas pour l'Aphanomyces ou les nématodes de la betterave. Si vous notez la présence de ces ravageurs ou maladies dans vos parcelles, il est conseillé d'éviter les couverts potentiellement multiplicateurs et de privilégier ceux qui peuvent réduire les populations (par exemple, les espèces nématicides dans le cas du nématode de la betterave Heterodera schachtii).
Pour les cultures sensibles aux rotations courtes (baisse des rendements attribuable au développement de dégâts sanitaires plus ou moins bien identifiés), le principe de précaution veut qu'on évite les couverts de la même famille botanique que la culture à préserver dans la rotation (par exemple, pas de couverts avec tournesol ou niger dans les rotations avec tournesol).
| L'Aphanomyces est un champignon du sol attaquant les pois, haricots et lentilles. Par précaution, il est préférable de proscrire tout couvert sensible à ce champignon dans les rotations concernées. Le couvert de sarrasin est également déconseillé (c'est une renouée qui monte à graine facilement et peut être difficile à contrôler dans certaines cultures). | |
| On ne conseille pas un couvert de féverole dans une rotation intégrant de la féverole, sans pour autant exclure ce couvert, notamment s'il est associé. | |
| On déconseille le choix d'un couvert de lupin en tant que couvert dans une rotation intégrant du lupin. | |
| En présence d'hernie des crucifères, les couverts de crucifères sont exclus des rotations avec colza car multiplicateurs de cette maladie. En l'absence d'hernie des crucifères, les couverts de crucifères ne sont pas exclus des rotations avec colza, même s'ils sont moins conseillés que d'autres familles botaniques, dans la mesure où il y a du colza dans la rotation. Cette recommandation semble importante, notamment en rotation chargée en colza (retour tous les 2 à 4 ans). En cas de pression grosse altise ou charançon du bourgeon terminal élevée, les couverts intégrant du radis chinois ou de la navette sont attractifs pour ces insectes et permettent de réduire les infestations sur les colzas à proximité. Ces couverts sont à détruire en entrée hiver, de préférence mécaniquement (attention à la navette plus dure à éliminer). | |
| En rotation intégrant du lin, cette même espèce sera proscrite en tant que couvert végétal. Le tournesol ne sera pas exclu comme couvert mais déconseillé car il est multiplicateur de Verticillium. | |
| En cas de présence plus ou moins forte de nématodes à kyste (Heterodera schachtii) sur la parcelle, les crucifères « classiques » seront proscrites et on favorisera au contraire les variétés qui piègent ce nématode parmi les moutardes blanches, radis fourragers et roquettes. En revanche, si c'est le nématode du collet (Ditylenchus dispaci) qui est présent sur la parcelle, les céréales, le pois et la féverole sont déconseillés, au profit des crucifères qui ne le multiplient pas. | |
| En rotation intégrant du tournesol, cette même espèce ainsi que le niger sont proscrits en tant que couvert végétal. Le lin est conseillé car il est multiplicateur de Verticillium. Le sarrasin est également déconseillé (c'est une renouée qui monte à graine facilement et peut être difficile à contrôler dans certaines cultures). | |
| En présence de colza, chanvre ou tabac dans la rotation, la présence ou non d'Orobanche rameuse est prise en compte. En effet, cette plante parasite ces cultures. Les couverts faux hôtes de cette Orobanche peuvent en faire germer les semences sans que celles-ci ne puissent donner une plante viable, ce qui limite ainsi le stock semencier. Les couverts hôtes de l'Orobanche peuvent aussi avoir le même impact, s'ils sont détruits à 100% avant de semer la culture suivante. A ce titre, les couverts permanents hôtes de cette Orobanche sont exclus car ils n'empêcheront pas ce parasite de réaliser son cycle et de se multiplier. |
L'adaptation des espèces à la culture suivante et au système de culture ont été définis en concertation entre les instituts techniques agricoles : ARVALIS, Institut Technique de la Betterave, Terres Inovia, UNILET.
Caractéristiques du couvert recherchées
Valorisation fourragère
Dans certaines situations de polyculture-élevage, il est intéressant de valoriser le couvert végétal en dérobée pour alimenter le bétail. Les couverts ne présentent pas tous le même intérêt fourrager. La valorisation en ensilage ou enrubannage est différenciée de la valorisation en pâturage. En effet, certaines espèces sont adaptées au pâturage du fait d'une appétence et d'une bonne valeur nutritive mais elles peuvent se distinguer par une aptitude variable à être récoltées et conservées.
La valorisation du couvert pour la méthanisation est aussi possible. Les CIVE (Cultures Intermédiaires à Valorisation Energétique) peuvent être choisies, soit en semis précoce d'été pour une récolte d'automne (CIVE d'été), soit en semis de fin d'été ou début d'automne pour une récolte de printemps (CIVE d'hiver).
Le ray-grass d'Italie est une très bonne plante fourragère mais n'est pas retenue en cas de non-valorisation fourragère puisqu'il augmente les risques de salissement et de mauvaise restitution d'azote en cas de fort développement ou de destruction tardive du couvert.
Pour apprécier plus précisément la valeur du couvert, il est possible, juste avant la récolte du couvert, d'utiliser la méthode MERCI. A partir d'une simple mesure de biomasse fraîche, elle permet d'estimer la valeur alimentaire du couvert (UFL, MAT), ainsi que son rendement en énergie pour la méthanisation.
Mode de semis
Les couverts se différencient par leur aptitude à être semés de différentes manières : enfouissement des graines à adapter selon leur taille ou leur aptitude à germer en surface, grande quantité de semences à distribuer non adaptée au semis à la volée sur déchaumeur ou moissonneuse (grosses graines dans des petites trémies).
Il est possible de choisir parmi sept types de semis :
- Semis à la volée avant moisson ou sous la coupe
- Semis avec un semoir à dents
- Semis direct avec semoir à disque sur chaume (pour des Techniques Culturales Simplifiées ou Semis Direct sur sol travaillé)
- Semis avec tout autre type de semoir (semoirs traditionnels à socs, ou à disques, combinés ou non à un outil de travail du sol)
- Semis recouvert lors de l'opération de déchaumage (bien recouvert) : semis à la volée suivi d'un passage de déchaumeur sur 3 à 5 cm environ ; semis à la volée réalisé sur le déchaumeur avec un placement des graines à l'avant ou au milieu de la machine de sorte que les semences soient bien recouvertes…
- Semis sur déchaumeur déposé au niveau du rouleau (peu recouvert) : semences à peine recouvertes
- Semis à la volée puis un passage de rouleau (semences quasiment pas recouvertes)
Dans les fiches décrivant chaque espèce, la profondeur de semis idéale est décrite, de même que les conditions de température et d'humidité de sol les plus adaptées pour la germination. Ces dernières données ont été obtenues par l'INRAE et le GEVES (Tribouillois, H., Durr, C., Demilly, D., Wagner, M.H., Justes, E., 2016. Determination of Germination Response to Temperature and Water Potential for a Wide Range of Cover Crop Species and Related Functional Groups. Plos One 11).
Période de destruction du couvert
Quatre grandes périodes de destruction ou d'exploitation peuvent être choisies :
- Couvert pérenne n'étant pas détruit pendant l'interculture. Ce choix sélectionne des espèces pérennes, éventuellement associées à des espèces annuelles, dans laquelle la culture suivante sera semée (pour y détruire ou pas le couvert).
- Destruction en octobre, avant des cultures d'automne.
- Destruction en novembre ou décembre.
- Destruction en mars. Un calcul du risque de gel du couvert est réalisé pour chaque espèce ou association sur la base des 20 dernières années de données de la station météorologique la plus proche. Un seuil de température a été retenu pour chaque espèce ou mélange. On estime qu'un couvert est gélif si le seuil de température gélive a été atteint au moins 2 années sur 3, durant les 20 dernières années. Dans ce cas, on considère qu'il poussera peu pendant l'hiver et produira autant de biomasse que s'il était détruit en novembre ou décembre. S'il est considéré comme non gélif pour la région, on retiendra en mars un potentiel de production de biomasse supérieur à celui retenu pour la destruction d'entrée d'hiver (à nuancer selon la date de semis et l'espèce du couvert).
Le potentiel de production de biomasse et certains services associés comme l'effet piège à nitrate ou l'effet fertilisant pour la culture suivante sont dépendants de l'espèce de couvert, de sa date de semis et de sa date de destruction.
Mode de destruction des couverts associés au colza
Quatre modes de gestion des couverts associés au colza sont possibles :
- Destruction de la plante compagne avec un herbicide anti-dicots : tous les couverts adaptés à l'association avec un colza restent possibles, sauf les couverts permanents qui seraient détruits par l'herbicide.
- Destruction de la plante compagne par le gel (herbicide si besoin) : la plupart des couverts adaptés à l'association avec un colza restent possibles, sauf les couverts permanents qui seraient détruits par l'herbicide s'il est utilisé et quelques espèces ne gelant pas facilement et potentiellement envahissantes (vesces communes et velues, pois fourrager).
- Destruction de la plante compagne par le gel (herbicide exclu) : les couverts ne gelant pas facilement et potentiellement envahissants ou concurrentiels au printemps sont évités (vesces, pois, féverole). Les couverts permanents sont eux possibles puisqu'ils ne seront pas détruits par un herbicide.
- Plante compagne incluant un couvert permanent (herbicide exclu) : le couvert doit impérativement inclure une espèce pérenne, éventuellement associée à des espèces annuelles gélives et peu envahissantes ou concurrentielles au printemps.
Mode de destruction
La technique que vous souhaitez utiliser pour la destruction de votre couvert influence le choix des espèces semées. En effet, les couverts ont une résistance différente aux modes de destruction. Les couverts sont choisis en fonction de leur adaptabilité au mode de destruction.
Il est possible de choisir parmi sept types de destruction :
- Destruction par broyage
- Destruction par le gel. Un calcul de la probabilité de gel du couvert est réalisé sur la base des 20 dernières années de données de la station météorologique la plus proche. Un seuil de température a été retenu pour chaque espèce ou mélange. On estime qu'un couvert est gélif si le seuil de température gélive a été atteint au moins 2 années sur 3, durant les 20 dernières années.
- Destruction par roulage sur gel
- Destruction par déchaumage
- Destruction par labour
- Destruction chimique (glyphosate pur)
- Destruction chimique (glyphosate + 2,4D) : efficacité améliorée sur couverts de dicotylédones par rapport au glyphosate pur
- Indifférent
La faisabilité des opérations de destruction selon les conditions climatiques n'est pas évaluée ici, sauf dans le cas du gel.
Plus le couvert est développé ou à un stade avancé, plus il se détruit facilement par différents moyens (gel, roulage, déchaumage, etc.). Seuls les risques de bourrage (outils à dents ou charrue) peuvent limiter la facilité de destruction de ces couverts développés.
Cet outil ne prend pas en compte le développement du couvert vis-à-vis de sa facilité de destruction (hypothèse d'un développement moyen).
Nous vous invitons à consulter la règlementation en vigueur dans votre région (directive nitrate en zone vulnérable en particulier) concernant les dates et modes de destruction.
Voici une vidéo de la chaîne YouTube ArvalisTV pour en savoir plus sur les moyens de destruction des couverts :
Objectifs recherchés
Il est possible d'intégrer d'autres critères de choix des couverts. Un classement est réalisé en fonction des critères choisis (possibilité de cocher plusieurs critères) :
Retour sur investissement du couvert
En cochant ce critère, une estimation de l'effet du couvert sur la marge est calculée. Il prend en compte une estimation du coût de la semence, l'économie d'azote estimée en fonction de l'effet fertilisant du couvert et l'effet sur le stockage de carbone dans le sol. L'effet azote du sol prend en compte une réduction du reliquat azoté mais en contrepartie une restitution d'azote à la culture suivante. L'azote est valorisé 1.50 €/kg. Le stockage potentiel de carbone dans le sol (matières organiques) est valorisé 10 €/t. Le coût des semences se fait sur une base de semences certifiées sauf pour quelques espèces (tournesol, sarrasin, céréales à grosses graines, féverole). Le coût relatif n'intègre pas la valorisation fourragère éventuelle du couvert ni les charges de semis, destruction ou récolte.
Piéger le nitrate
Si votre objectif est de piéger le nitrate pour éviter son lessivage, le calcul prend en compte l'aptitude des CIPAN (Cultures Intermédiaires Piège à Nitrate) à réduire la réserve en azote minéral du sol à l'automne. Cette aptitude est modulée selon l'espèce et selon la date de semis choisie qui conditionne la biomasse potentiellement produite en entrée d'hiver et donc l'azote minéral du sol qui sera mobilisé avant la période de drainage.
Fertiliser la culture suivante
Afin d'apporter un effet fertilisant sur la culture suivante, les couverts aptes à augmenter les fournitures d'azote à la culture suivante apparaitront en tête de liste. On appelle ces couverts les engrais verts. L'effet fertilisant dépend du développement du couvert d'interculture et donc de sa date de semis et de sa date de destruction. Les légumineuses, si elles sont semées tôt, seront avantagées, qu'elles soient seules ou associées.
Pour apprécier plus précisément cet effet fertilisant, il est possible, juste avant la destruction du couvert, d'utiliser la méthode MERCI. A partir d'une simple mesure de biomasse fraîche, elle permet d'estimer les restitutions en N, P, K et S et Mg après destruction à la culture suivante.
Couvert peu appétant pour les limaces
Un couvert peu appétant vis-à-vis des limaces a deux avantages : il sera moins consommé en été (humide) par ces ravageurs et aura plus de chances de se développer, et il contribuera à réduire le poids des limaces et leur capacité à pondre des œufs par rapport à des couverts plus appétents. Toutefois, les couverts végétaux favorisant les conditions du milieu pour les limaces (humidité, résidus), le choix de ce critère ne garantit pas totalement l'absence d'effet des limaces dans la culture suivante mais en diminue l'impact. Le classement de l'appétence des couverts est réalisé à partir de données d'Arvalis, du projet CASDAR RESOLIM coordonné par l'ACTA, d'Agroscope (Suisse), de Lidéa seeds et du GIEE Magellan.
Favoriser les abeilles et pollinisateurs
Ce choix sélectionnera uniquement des espèces pures mellifères ou associations contenant au moins une espèce mellifère. Les cultures intermédiaires mellifères (CIM) produisant des fleurs en fin d'été et début d'automne peuvent apporter du nectar et/ou du pollen aux abeilles et insectes pollinisateurs. Les données sont issues du projet CASDAR INTERAPI, coordonné par l'ITSAP - Institut de l'abeille (pour plus d'informations, visitez le site du colloque de restitution du projet).
Le butinage des insectes dépend aussi des conditions météorologiques compatibles avec la sortie des abeilles (vent, pluviométrie) et de la floraison suffisamment précoce du couvert (critères non pris en compte dans l'outil).
Favoriser la petite faune sauvage et la biodiversité
Les couverts d'interculture peuvent constituer, dès l'été, un élément majeur des paysages agricoles de grandes cultures et polyculture, susceptible d'accueillir la petite faune et plus largement la biodiversité. C'est particulièrement vrai dans les paysages pauvres en éléments fixes (jachères, bandes enherbées, haies...). Certains itinéraires techniques (semis à la volée avant moisson, semis direct juste après la moisson…) permettent d'implanter le couvert tôt tout en maintenant les chaumes particulièrement bénéfiques à la faune. Le couvert profite d'une somme de température suffisante pour atteindre la floraison, et fournir une ressource alimentaire complémentaire aux pollinisateurs.
Ce couvert reste précieux tout au long de l'hiver, offrant des ressources alimentaires variées (végétation verte, graines, insectes) ainsi qu'un abri contre les rigueurs hivernales. Son maintien jusqu'en février / mars est souhaitable. Un couvert favorable à la faune associe des plantes à cycle court capables d'apporter des ressources en fleurs, insectes et graines dès le début de l'automne (sarrasin, phacélie, sorgho, tournesol…) qui disparaîtront au cours de l'hiver, et des plantes à cycle plus long (radis, vesces) qui se maintiendront tout l'hiver. Cette diversité d'espèces permet d'avoir un couvert étagé, suffisamment couvrant pour abriter la petite faune, mais relativement aéré pour lui permettre de se déplacer au sol.
Si vous souhaitez des informations supplémentaires, visitez le site du réseau Agrifaune.
Potentiel de stockage de carbone
Différents flux entrants de matières organiques stables (par les couverts végétaux mais également par les résidus de cultures et les apports de produits résiduaires organiques) contribuent au stockage de carbone dans le sol. Mais parallèlement à ces flux entrants, la minéralisation des matières organiques stables du sol par les micro-organismes libère des éléments minéraux dans le sol (N, P, K, S, …) mais rejette également du CO2 dans l'atmosphère (flux sortant). Le stockage de carbone dans les sols est la résultante de l'ensemble de ces flux entrants et sortants et, tant qu'aucun changement majeur de pratiques ne s'opère, la quantité de carbone stable du sol tend à se stabiliser vers une valeur d'équilibre au bout d'un certain nombre d'années qui, pour un flux de carbone stable entrant donné, est propre à chaque pédoclimat. L'implantation de couverts végétaux, après une mise en place régulière de cette pratique pendant 20 à 40 ans, ne permet donc plus de stocker de carbone car ce point d'équilibre est atteint.
En revanche, l'introduction de couverts végétaux là où il n'y en avait pas ou une modification significative de leur conduite (implantation plus fréquente dans la rotation ou semis plus précoce conduisant à une augmentation significative de leur biomasse), peut permettre d'augmenter les restitutions de carbone stable et de contribuer temporairement à un stockage de carbone jusqu'à ce qu'un nouvel équilibre ne soit atteint.
L'outil « Choix des couverts » estime un potentiel de biomasse des couverts selon les espèces, la période de semis et de destruction… qui est directement lié à leur contribution aux entrées de carbone stable dans le sol.
Couvert adapté à l'agriculture biologique
Certaines espèces de couvert sont déconseillées en AB. Pour des raisons sanitaires, afin de préserver à terme la capacité de cultiver des légumineuses à graines dans les rotations bio, on évitera ainsi pois, lentilles et féveroles (à moins d'être capable de respecter un délai de retour de 5-6 ans). Le radis fourrager et la navette peuvent être durs à détruire, même avec un labour : ils sont aussi à éviter. Éviter de même les vesces dont on maîtrise mal la levée de dormance : elles peuvent avoir des levées tardives dans la rotation et prendre ainsi un statut d'adventices, car elles graineront à la maturité des blés et seront quasi-impossible à trier. On peut toutefois tenter la vesce du Bengale dans les régions où l'hiver reste significatif car cette espèce est particulièrement gélive. La vesce de Narbonne (petite féverole) se trie bien compte tenu de la taille de sa graine. D'autres espèces peuvent monter à graine et devenir invasives dans les années suivantes, comme la phacélie (sauf si elle est semée tard), le mélilot ou le sarrasin. Ça peut être aussi le cas des espèces à la floraison précoce et semées tôt : moutardes blanche ou brune, caméline, moha... Des cas de pollution de la récolte de la culture suivante ont été observés derrière du fenugrec : ce dernier transmet des odeurs au grain, comme la majorité des légumineuses, notamment les vesces.
Enfin, le lotier est déconseillé en raison du coût de ses semences.
Au niveau règlementaire, le couvert, en pur ou en mélange, doit être composé d'au moins 70 % de semences produites en agriculture biologique ou en deuxième année de conversion. Pour les 30 % restant, les semences peuvent être issues de l'agriculture conventionnelle, sauf pour les variétés en liste négative et pour les espèces classées « hors dérogation ». Ces règles sont valables pour les semences de ferme comme pour les semences certifiées. Les statuts dérogatoires des espèces sont téléchargeables sur semences-plants-biologiques.org.
Les résultats
Les critères sélectionnés précédemment sont pris en compte pour le choix des couverts.
Certaines espèces ou associations sont exclues si elles ne sont absolument pas adaptées aux contraintes agronomiques. C'est le cas par exemple des couverts ne gelant pas si le critère couvert gélif a été choisi, ou des couverts non adaptés aux cultures présentes dans la rotation. Le choix des couverts se fera alors parmi les autres espèces. La liste des couverts retenus peut être plus ou moins importante selon les critères choisis.
Une note globale est calculée par une méthode multicritère. Elle synthétise l'aptitude de chaque espèce ou association à répondre aux différents critères que vous avez retenus, sur une échelle allant de 0 à 100. Vous trouverez dans les résultats la note globale et les évaluations sur les critères choisis pour chaque espèce ou mélange présentés. Les couverts les plus adaptés à votre demande figurent en haut du tableau des résultats, tandis que les moins adaptés sont en bas de tableau.
Il est possible de consulter les fiches présentant chaque couvert depuis ce tableau de synthèse.
Importance du choix variétal
Nous avons essayé d'intégrer dans la mesure du possible certaines informations sur les variétés de certaines espèces.
Nous avons distingué les variétés de moutardes blanches et brunes ainsi que de radis fourrager selon leur caractère nématicide ou pas (nématode Heterodera schachtii affectant les betteraves sucrières). Cela distingue ces différentes variétés quant à leur adaptation aux rotations betteravières.
Les variétés de vesce commune, trèfle blanc et trèfle violet ont aussi été séparées selon leur sensibilité à l'Aphanomyces. En rotation intégrant des pois, haricots ou lentilles, n'utilisez que des variétés totalement ou très résistantes à ce champignon du sol.
Dans les fiches sur les couverts, dans le commentaire en bas de page, une rubrique « Du côté des variétés » a été prévue afin d'attirer votre attention sur un ou plusieurs critères pouvant distinguer les cultivars entre eux.
Il est possible pour en savoir plus sur les variétés d'espèces fourragères de consulter le site Herbe book.
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